Dans le cadre de la 25ème Heure du Livre 2005 où étaient invités les peuples d'Amazonie, les organisateurs m'avaient confié la mise en oeuvre d'activités d'écriture. C'est ainsi que les jeunes (et moins jeunes) visiteurs du salon du livre ont pu vivre des aventures d'écriture.

Voici une moisson des écrits de trois ateliers.

25ème heure du livre

 

Accueil
 

Un enfant marche
de l'ombre à la lumière

La lumière, c'est lui qui la crée

Il marche dans la forêt sombre

Branches qui craquent
vent dans les lianes
cris de singes
fleuve qui coule
peur

Il marche
Il marche vers la lumière
et le chaud des autres.

Emma et Lisa (10 ans) avec Alain Boudet , à partir des dessins d'un album de Philippe André.

 

Il fait sombre

L'oiseau seul
qui a peur
est perdu

Il chante

Dylan (7 ans) avec A.B.

Ces autres textes ont été écrits à partir d'une liste de mots évoqués par l'Amazonie...

Il est perdu profondément

Il chante et souffle
sa peur du noir

Il saigne

Tony (10 ans 1/2) avec A.B.

 

Le rire invisible a peur de l'oiseau.

Justin (7 ans)

L'oiseau perdu
tremble de rire

Arielle

 

Trembler dans les profondeurs sombres

Saigner de lianes et de lumière intense

Respirer, souffler, chanter dans les couleurs.

Peuples,
riez de vos peurs.

Anne-Julie (11 ans)

Comment rire quand la lumière est perdue ? Le souffle profond des chants sombres fait saigner les oiseaux. La peur fait trembler les peuples tel un serpent sombre et invisible.

Il faut respirer.

Claude

 

L'oiseau perdu saigne

Il perd son chant.

Marie (8 ans) et Chloé (6 ans)

 

L'oiseau chante de peur

Le serpent a perdu son souffle.

Chloé (6 ans)

  Le chant sombre respire la couleur du peuple.
Le serpent souffle la lumière invisible sur la liane perdue.
L'oiseau chante sa peur.

Pauline

 

Le chant de l'oiseau et du serpent se balade de liane en liane. Le souffle intense du peuple profond respire. Seul le rire perdu saigne l'invisibilité. La couleur tremble de peur. La lumière sombre pleure.

Bart - Mark

 
 

Le souffle profond et sombre du serpent
invisible
perdu dans la couleur
intense de la lumière

Seul sur la liane,
il respire et tremble

Il a peur de l'oiseau qui rit
et du chant du peuple qui saigne.

Nathalie (41 ans)

Le souffle invisible chante, rit avec la lumière. L'oiseau qui l'écoute s'y met aussi avec ses couleurs intenses. Le peuple invisible écoute ses chants rieurs. Les lianes se balancent au son de leur voix.

L'oiseau a peur, il tremble, il s'est perdu, il est seul, il saigne. Il se soigne en chantant.

Juliette (11 ans)

 

Des oiseaux aux couleurs invisibles chantent avec le peuple à la lumière intensément sombre. Un serpent lumineux a peur. Il s'accroche à une liane et pour se consoler, il se met à chanter.

Dans une profonde et sombre grotte vit un peuple coloré et rieur.

Noémi (11 ans)

 

Serpent
de lumière intense

Sombre soir
perdu dans le rire de l'oiseau

La liane seule
tremble du profond souffle invisible

Couleur,
peuple,
respirer.

Anonyme

 

Le vent est tout seul
L'oiseau a peur
Le serpent souffle

Oiseau-couleur

Margaux, avec l'aide de Tiphaine

 

Un peuple indien, seul, dans la forêt amazonienne

un peuple indien, seul, mais immense

Un peuple impénétrable au bord d'un fleuve

Un peuple près de la forêt, un peuple

Un peuple où les indiens sont bien à la lumière.

Chloé

 

Le soir chante

Un oiseau rit sur une liane de couleur

La barque souffle, invisible au regard

La lumière éclaire la forêt verte, impénétrable

Un indien respire, seul.

Dans l'atelier du dimanche matin, la présence de Cécilia et de sa maman, Alicia, originaire du Honduras, nous a valu ce poème, directement en version bilingue. Le hasard sait bien faire les choses...

La noche canta

Un pajaro rie sobre una liane de color

Una barca sifla, invisible a la mirada

La luz ilumina la impenetrable selva verde

Un indio respira, solo.


© Alain Boudet